Ça y est, j’ai définitivement supprimé mon compte twitter. Ça ne veut pas dire que je n’utiliserai plus twitter pour un usage précis comme donner des infos sur un projet dans lequel je suis impliqué, ou suivre des comptes particuliers (comme un RSS++), mais Twitter c’est fini pour moi en tant que réseau social. Ça va sûrement me manquer un peu dans le paysage internet (quoique pour “suivre” l’activité de ses amis, je trouve facebook plutôt propre maintenant quand on filtre les jeux et autres quizz).
C’est bien dommage, j’aimais bien le format 140 caractères, le fait de pouvoir suivre des amis et des “marques”, et l’accès depuis n’importe où et n’importe quelle application. Les trending topics, c’est une bonne idée aussi. J’ai adoré ce qu’ont fait certains avec l’api de recherche en temps réel. Et c’est tellement rassurant, quand flickr ne répond pas, d’aller sur Twitter et constater à coup de 250 tweets par minute qu’on n’est pas tout seul avec le problème. Ayant eu un compte depuis début 2007, j’ai bien aimé l’évolution de Twitter.
Voici dans le désordre (mélange de la politique “à l’aveugle” de Twitter et de ce qu’est devenue la communauté) ce qui m’a décidé à en finir.
Mon compte (vieux de 2 ans, 700+ tweets, tous légitimes) suspendu pendant 3 mois pour “activité suspicieuse” sans aucune explication.
Strictement aucune nouvelle des tickets que j’ai ouverts. Je veux bien qu’ils soient sous-staffés pour gérer au cas par cas des millions d’utilisateurs, mais rien en 3 mois ?
Les Trending Topics blindés de spammeurs (c’est bien la peine d’utiliser Twitter correctement pour se retrouver dégât collatéral, du coup).
Après ouverture d’un nouveau compte, celui-ci est filtré des parties publiques du site et de l’api (il y’a une procédure qui est censée corriger le problème, en envoyant un direct message à quelqu’un du staff, mais n’a rien donné).
Je trouve ma timeline “défigurée” par les retweets (paramétrable je sais, mais c’est dommage d’en arriver là) : c’est comme si on nous forçait à suivre des gens qui à la base ne nous interessaient pas, et le fait de les intégrer visuellement à la timeline n’arrange pas le sentiment d’agression. Les RT sont même parfois devenus des gratifications, juste pour faire mousser quelqu’un, quand aucun des followers ne sera interessé tellement c’est loin des sujets habituels — je n’en fais pas une généralité mais parfois c’est agaçant.
Les Follow Friday : des listes de pseudos à suivre, souvent sans aucune explication, ça montre bien l’absurdité du “donnant-donnant” et du lèche-bottisme ambiant. Qu’on dise une fois par semaine qu’on aime bien suivre telle personne en disant pourquoi, c’est bien. Mais quand ça prend la forme “#ff @machin @truc @chose [... jusqu'à 140]” puis à la fin de la journée “merci pour vos #ff”, ben heu … comment dire … c’était très intéressant, merci. Ce qui nous amène au point suivant.
De nos jours de plus en plus de monde est sur Twitter par intérêt. Non pas parce que, comme les premiers utilisateurs, ils pensent que c’est intéressant de s’exprimer en messages de 140 caractères, mais plutôt parce que bon, il faut être sur Twitter pour être vu. La visibilité est devenue une fin en soi, dommage. Ceux qui disaient hier que Twitter “c’est ridicule et ça ne sert à rien” collectionnent aujourd’hui les followers et y font leur autopromo. D’un côté c’est bon pour Twitter, qui pourra en faire des revenus. D’un autre côté, ça n’en fait rien de plus qu’une énorme plateforme publicitaire à toutes les échelles : de l’individu qui cherche à être “reconnu” dans son métier à l’entreprise qui en fait un canal de vente comme un autre. Avec, perdus au milieu de tout ça, ceux qui n’ont rien à vendre et qui savaient déjà acheter et “reconnaître” avant Twitter.
Bref c’est, comme dirait l’autre, not fun anymore.



















